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L’HERITAGE a désormais son affiche !
A moins d’un mois du Mboa BD festival, à exactement à 20 jours du lancement de la célébration, nous avons été honorés de découvrir les magnifiques couleurs et traits de son affiche officielle. Comme d’accoutumée, le visage de cette édition a été confiée aux soins de l’auteur à l’honneur pour cette édition. Ce n’est nul autre que Man Mvele. Découvrons ensemble les dessous de sa réalisation. Mais avant, revenons sur le thème de cette édition, d’avec lequel l’affiche est toujours étroitement liée.

Quand Le MBOA BD Festival pense à l’héritage…
Après 12 éditions qui ont permis aux acteurs du 9e Art camerounais de réfléchir sur le numérique, les pandémies, l’afro futurisme, le multiculturalisme ou encore l’éducation, il est plus que temps de se pencher sur les traces et l’impact de leurs travaux sur la bande dessinée en tant que patrimoine.
On pourrait remonter aux pyramides d’Egypte ou aux grottes préhistoriques pour retracer les origines du dessin. Mais pas besoin d’aller si loin pour relier, de façon parfois abusives, des pictogrammes de nos chers ancêtres au 9e art. Plus près de nous, on peut de manière certaine, situer l’origine de la bande dessinée au Cameroun. Il s’agit évidemment de Ibrahim Njoya, l’homonyme et peintre du roi bamoun, qui en son temps déjà, a crée des successions de dessins accompagnés de narration…

L’Afrique et la bande dessinée sont ainsi liées et cela se manifeste par la passion que lui voue la jeune génération. En effet, force est de constater que le flambeau a gardé sa flamme, grâce à une relève audacieuse et soucieuse elle aussi de laisser des traces de son passage.
Mais il n’y a pas que l’Afrique qui se rend compte du potentiel de son histoire, de ses mythes et traditions. Le monde entier a les yeux tournés vers l’Afrique. Que ce soit le cinéma, la musique ou encore la BD.
Ce sont toutes les raisons qui précèdent qui ont conduit le comité d’organisation à choisir le thème de l’édition 2022 en un mot: “Héritage“.
Pensée et conçu par Hugues Bertrand Biboum aka Man Mvele, l’auteur à l’honneur de cette édition, cette affiche ouvre un large spectre de réflexions sur l’héritage culturel Africain en lien avec la BD.
Le challenge de la réalisation de l’affiche
Depuis le lancement da la toute première édition du Mboa BD festival, un visage lui est attribué. Non pas comme un métamorphe mais comme une belle fleur qui se renouvelle à chaque saison. Le Mboa BD confie toujours son apparat aux soins de l’auteur à l’honneur. C’est ainsi que Man Mvele s’est vu attribué cette responsabilité qu’il a lui même avoué être lourde.
“J’ai pris cette nouvelle responsabilité comme un défi parce que les affiches précédentes sont de superbes affiches. Je me suis instantanément demandé si je serais à la hauteur et si je serai capable de réaliser une affiche qui serait conforme au thème du point de vue visuel.”
MAN MVELE
L’artiste a ainsi commencé par mener une réflexion sur le thème à proprement parler.
“J’ai mené une réflexion sur les héritages que nous africains avons du point de vue graphique. Cela m’a mené à considérer nos sculptures . J’ai également essayé de m’inspirer des travaux d’Ibrahim Njoya; De certains bas reliefs de panneaux sculptés qu’ont réalisé nos ancêtres; Et puis j’ai pensé à nos mythes et cela m’a conduit à choisir de représenter une sirène qu’est l’emblématique Mami wata. A tout cela, j’ai ajouté de la modernité. C’est ainsi qu’est née.”
MAN MVELE
La sémantique de l’affiche Héritage
En lisant l’affiche du haut vers le bas, on voit en premier, des personnages sur un livre ouvert, avec à son bout un papyrus volant qui fait en l’occurrence office de tapis. Des masques, et des travaux d’Ibrahim Njoya, jusqu’au livre relié. Les personnages sur ce livre volant sont en joie. L’un d’entre eux tient une mappemonde en forme de bulle de BD.
Plus bas, on voit une sirène qui a la position de la célèbre sculpture de Rodin, le penseur. Elle est assise sur un amoncellement de livres. Des planches de BD qui lui font office de chevelure, s’éparpillent dans son dos et s’ajoutent au tas au sommet duquel elle est assise.
En arrière plan, on peut voir le monument de la réunification du Cameroun et quelques architectures locales ou maisons traditionnelles.
” La BD est certes écrite (puisque l’on commence avec un scénario), elle est avant tout pensée. Cette pensée peut être écrite ou verbale. Nos traditions sont beaucoup plus orales à l’exception de certains peuples. Je pensais ainsi personnifier notre culture orale qui transmet notre héritage. Quand on pense à la théorie de l’artiste premier par exemple, dont on dit avoir été un chamane qui communiquait avec ses ancêtres avant de matérialiser leur message en sculptures, en danse etc. Tout commence avec la pensée quelque soit ensuite le mode de transmission. J’ai également mis cette sirène dans la position du penseur pour symboliser la réflexion sur le devenir de notre héritage culturel, notre patrimoine. Les autres éléments tels que les planches de BD, le papyrus, et l’architecture, c’est pour montrer l’évolution et la diversité de nos cultures. Les personnages sur le rouleau de papier représentent la modernité, la nouvelle génération. Ils tiennent la mappemonde parce qu’aujourd’hui le monde nous regarde.”
MAN MVELE
Les techniques utilisées pour réaliser l’affiche
Man Mvele n’est pas sorti des sentiers battus car, pour lui, on ne change pas une équipe qui gagne.
“J’ai utilisé une technique simple. J’ai réalisé un ancrage aux traits purs avec des couleurs en aplat et une ombre propre dans le logiciel Clip Studio Paint. C’est une technique assez simple, basique même, mais efficace. Selon moi les choses les plus simples sont les meilleures”.
MAN MVELE
La technique est donc simple et sans chichis.
Cela fait quelques jours que le grand public a pris connaissance de l’affiche. Des graphistes lui ont même consacrée des analyses et critiques parmi lesquels Bekoume ALbani Perez, bloggeur culturel et graphiste. Mais dans l’ensemble, elle connait une belle réception. D’aucuns la qualifiant même de plus belle affiche depuis la création du festival. De quoi mettre l’artiste en émoi malgré ses appréhensions de départ.
“Je suis très content parce que je me suis rendu compte que j’ai représenté ce que les gens pensent au fond d’eux. C’est très intéressant de savoir que ce qui me préoccupe, préoccupe également les autres, mes pairs et le grand public. De nos jours, tout le monde a tendance a rechercher son identité et tout le monde attend l’Afrique dans la dynamique du donner et du recevoir culturel. Ca me fait énormément plaisir de savoir que j’ai réussi a émouvoir tout le monde”.
MAN MVELE
Pour émouvoir tout le monde, Man Mvele l’a réussi haut la main, qu’on aime beaucoup ou qu’on aime moins.
Comme de tradition, le festival se tiendra à Yaoundé du 16-19 Novembre 2022 (Institut Français et Goethe Institut Kamerun). A Douala du 23-26 Novembre 2022 (Cercle Municipal de Douala 2 et Institut français du Cameroun). Venez célébrez la bande dessinée au travers d’ateliers professionnels, master class, conférences, débats, table ronde, concerts, spectacles de dessin, dédicace et plus encore. Soyez sur ça !



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