L’afro-futurisme et la science-fiction dans la bd africaine |
Festival International de la bande dessinée du Cameroun
Mboa BD festival, bande dessinée, afrique, Cameroun
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L’afro-futurisme et la science-fiction dans la bd africaine

Concept de plus en plus repris et faisant l’objet de nombreux débat cette dernière décennie, l’afro-futurisme est au centre de bien de débats artistiques. Ce courant à la croisée des chemins entre art et pensée décoloniale est apparu dans la seconde moitié du 20e siècle en redéfinissant la culture et la conception de la race noire en inter changeant les éléments de science-fiction, de réalisme magique dans un cadre non occidental.

Marc Dery, célèbre critique culturel des années 90 fut le premier à évoquer ce terme dans son article “Black to the future” paru en 1993. Ce dernier défini l’afro-futurisme comme “une fiction spéculative qui traite des thématiques afro-américaines[…] dans le contexte de la technoculture du 20e siècle[…] Une sémantique afro-américaine qui s’empare d’une imagerie technologique et d’un future prophétiquement augmenté”.

Les mouvements afro-futuristes ont pour la plus part été porté dans leur début par la littérature, la peinture, le cinéma notamment dans le film Star Trek, et aussi et surtout la musique à travers le Jazz, le Hip-hop et le Blues. Les artistes du milieu de la bande dessinée suivront le mouvement peu à peu.

Parler de futur c’est bien évidemment parler de science-fiction qui  était jusqu’ici est un genre assez rare chez les auteurs de BD africains, plus ancrés dans le retraçage de l’histoire du continent noir. L’une des premières BD avec une orientation afro-futuriste fut sans doute le chapitre de Black Panther de Stan Lee et Jack Kirby, paru aux éditions Marvel Comics dans le “Comics book Fantastic Four #52” en 1966. Il  retrace l’histoire du Royaume du Wakanda, un pays imaginaire autarcique d’Afrique, très évolué. Le vibranium, secret du developpement technologique, de l’armement du Wakanda est la convoitise des grande puissances mondiales.

Depuis cette dernière décennie, on note une forte croissance de travaux d’auteurs dessinateurs sur l’afro-futurisme, notamment:

  • Dayak du français Philipe Adamov paru en 2010, nous plongeant dans un univers où on retrouve un Los Angeles africain aux dimensions d’un ghetto immense qui sera entrainé dans une lutte fratricide. Robots contre sorciers, technologie contre magie seront l’objet d’un entremêlement dans cette Afrique ponctuée de gratte-ciel, d’architectures hérissées de pique et des vaisseaux spatiaux surpuissants.
  • Mulatako de l’auteure  camerounaise Reine Dibussi, raconte l’histoire du Ndimsi. Relatant le quotidien du peuple Miengu, un peuple de l’eau. Entre vie sous-marine remplie d’infrastructures et d’armements particulier, Jemea et ses camarades sont à l’école d’initiation à ce monde.
  • Zog et Mob du jeune camerounais Bison. De son vrai nom Patrice Mballa, originaire du sud du Cameroun, son œuvre dans un style caricatural relate les aventures des deux amis Zog et Mob qui parcourent l’espace au moyen de scoop volante à la découverte de nouvelles planètes.
  • Ekiee le mag de Yannick Deubou et Paul Monthe relevant du style comics retrace les aventures d’un super héro volant au secours des populations de la capitale politique de son pays. Kmer Boy est un taximan doté de supers pouvoirs lui offrant une force herculéenne.
  • Kwezi du sud-africain Loyiso Mkize publiée en 2014 nous présente dans un style Comics  le combat de Kwezi  un jeune homme de 19 ans, narcissique, débrouillard et ultra-branché obsédé par sa popularité sur les réseaux sociaux et adepte des selfies. Doté de pouvoirs surnaturel notre héro va se lancer dans une quête initiatique et identitaire à travers Gold City, ville imaginaire très proche de Johannesbourg de part certains décors.

De plus en plus l’univers de la bande dessinée africaine tend à présenter l’Afrique autrement que la conception coloniale qui montrait plus ce continent sous un paysage de brousse, d’huttes et divers ordres folklorique.  La touche particulière et méliorative des auteurs de BD sur la question de l’afro-futurisme est à l’origine de beaucoup de projet sur le sujet. Les auteurs motivés par l’idée de créer des personnages et des décors auquel leur public pourrait s’identifier.

C’est donc à juste titre que le Mboa BD festival (Festival International de la bande dessinée du Cameroun) à choisi d’inviter les auteurs qui seront présent à la 10e édition du festival qui aura lieu en Novembre prochain, de faire une exposition spéciale afro-futuriste sur le thème “Bande dessinée, afro-futurisme, narratif, imaginaire”.

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