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Les reines du MBOA BD: TIFY

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous avons pensé à nos reines du Mboa BD. Elles font vivre le mouvement des 9e et 10e Art au Cameroun tout autant que leurs homologues masculins. La seconde autrice que nous allons vous présenter ce jour est non seulement talentueuse, mais aussi travailleuse et déterminée. Si vous avez été des nôtres lors de la dernière édition du festival, vous avez du faire la rencontre de cette dessinatrice de talent.
Elle s’appelle Tiomatsa Fopa ylarie aka TIFY, elle est une illustratrice et animatrice 2D Camerounaise. Déjà auteure d’un livre illustré pour enfants intitulé Lula aime les ivres, et elle est animatrice au sein du studio d’animation camerounais, Waandastoudio.
Née en 1994, à Mbouda, Ylarie est une jeune femme qui a décidé de se consacrer au dessin et d’en faire son métier. Elle nous a livré son expérience et ses ressentis en tant que femme dans les milieux des 9e et 10e Art au Cameroun.
MBOABD: Quand et Comment es-tu tombée amoureuse du dessin?
TIFY: J’aime les dessins depuis que je suis toute petite. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours fais des petits gribouillages par ci par là. Mais c’est plus concrètement en classe de première que je m’y suis mise. J’ai d’ailleurs remporté deux trois prix à cette époque. Après l’obtention de mon BACC, le chemin me semblait évident. Pour mes études supérieures, je me suis tournée vers l’institut des beaux arts de Foumban, où les difficultés de la vie académique ne m’ont pas empêché d’atteindre mes objectifs, et d’en sortir munie d’un Master professionnel en dessin.
MB: Comment vis-tu ton métier au quotidien en tant que femme?
TIFY: Généralement, je n’aime pas répondre à cette question afin de ne pas décourager les femmes. Il faut d’abord dire que nos sociétés africaines ont encore cette image traditionnaliste de la femme (s’occuper de son foyer, éduquer les enfants , gérer les familles et les belles familles). Ainsi, faire un métier aussi chronophage peut être mal vu au regard des exigences qu’on nous fixe.
Certains estiment carrément que ce n’est pas un métier de femmes mais bel et bien un métier d’hommes. Ce sont des préjugés qui ont la peau dure dans nos cercles familiaux. Donc c’est vraiment compliqué de faire un métier où il faut tout le temps gérer entre les exigences du boulot et les exigences familiales.
MB: Quels conseils donnerais tu aux jeunes femmes qui veulent devenir comme toi?
Je dirais tout simplement à tout un chacun de suivre son rêve. Si c’est ce que tu a décidé de faire, il faut foncer. Sauf qu’il faut être vraiment organisée, et déterminée. Il faut avoir le moral solide parce que (et je parle de l’Afrique hein, que je connais. Peut être ailleurs ca se passe autrement) les préjugés vont venir de tous les cotés, des attaques dans le but de décourager. Il va falloir bosser dur pour y arriver, la réussite est au bout du chemin. Je ne peux que les mettre en garde afin qu’elles sachent dans quoi elle s’engagent mais qu’elle sachent aussi que c’est un beau combat qui paie. Il faut cela pour faire avancer les choses. Moi même j’ai encore du chemin à faire.
J’encourage vivement toutes les femmes qui voudrait se lancer dans la BD. Je leur préconise d’avoir envie et d’être organisées.
MB: Quels sont tes souhaits pour l’avenir dans ce domaine au Cameroun?
Je souhaite de tout mon cœur que le domaine du dessin s’améliore au Cameroun. Que ce soit dans la technique, la quantité des marchés etc. J’aimerais vraiment qu’on respire BD dans ce pays. Qu’on ne marche plus dans la rue et que quelqu’un a qui vous parliez de BD vous demande ce que c’est. Comment peut-on consommer ce qu’on ne connait pas?
Donc; j’aimerais vraiment qu’on respire BD au Cameroun (rires). Que tous les soucis du coté des artistes, du coté des éditeurs, du coté des diffuseurs soient résolus. Que la BD fasse rêver et donne envie aux jeunes d’en faire un métier et au consommateur d’en consommer.
Dernièrement, pour la petite anecdote, j’ai dit à quelqu’un que je fais de la BD et de l’animation, je vous assure que la personne était perdue. C’est dommage, et ca doit changer. Je ferais ma part pour résoudre cette situation, c’est à dire produire.
MB: Aura t-on le plaisir de te rencontrer au prochain festival?
Absolument oui! Je ne peux pas rater cela.

Bon MOIS des femmes à toutes et à la prochaine!



Gaëlle
🥰😍