Mboa BD Festival 2020 - MboaBD
Mboa BD festival, bande dessinée, afrique, Cameroun
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Mboa BD Festival 2020

Présentation du projet

Longtemps mise à l’écart par la littérature et les arts, la bande dessinée devient un support éducatif incontournable à partir des années 1980.  Art à part entière et puissant médium de communication, la bande dessinée a acquis ses lettres de noblesse au point de devenir le 9ème art. L’ère du numérique qui prédisait la fin du livre tel que connu jusqu’ici est derrière nous, la bande dessinée a su en tirer partie, elle se métamorphose et se déploie aujourd’hui tant du point de vue de la technique que de la distribution. Pour sa neuvième édition, le MBOA BD Festival avait pour thème : “Bande dessinée et multiculturalisme”, Rappeler à tous et à chacun l’importance du vivre ensemble, du partage et le rôle des artistes dans la cohésion sociale.
La bande dessinée représente d’une part, un point de départ efficace à la lecture pour le jeune public ; d’autre part les univers et thématiques explorés par les auteurs rappellent de nombreuses occasions de réappropriation de la lecture pour le public adulte. Aujourd’hui, la bande dessinée est un instrument fort de revendication, de dénonciation et de changement. On l’a vu avec LUCHA : Chroniques d’une révolution sans armes au Congo de Annick Kamgang. Il n’est plus seulement question pour les dessinateurs de produire pour le plaisir, mais aussi d’agir pour demain. Ce travail nécessite la participation de tous. Aujourd’hui plus qu’hier, les auteurs de bandes dessinées en Afrique sont conscient du rôle qu’ils ont à jouer dans la construction d’un continent fort et unis et dans le développement d’un art qui est plus que jamais armes puissante pour secouer les masses. La bande dessinée par sa multidisciplinarité alliant plusieurs styles graphiques, passe pour l’élément par excellence de revendication et de rappel. Pour la 9ème édition du Festival International de la Bande Dessinée du Cameroun, MBOA BD, les organisateurs se sont proposés de rester dans cette actualité de mondialisation et de montrer à travers le thème « Bande dessinée et multiculturalisme » leur compréhension des notions de vivre ensemble, et de partage avec l’autre à travers l’art.

Il serait réducteur de restreindre la production camerounaise de bande dessinée à la sensibilisation, depuis 2010 le Cameroun produit en moyenne 10 albums, séries ou magazines par année. Les thèmes abordés par nos auteurs touchent à l’aventure, l’histoire, la vie quotidienne ou la science-fiction, et au multiculturalisme. Mulatako de Reine Dibussi dévoile un univers africain de science-fiction inspiré de la culture Sawa, Felix Fokoua raconte le quotidien des habitants du Secteur 4ème Stade, Cédric Minlo et Darius Dada explore les déboires de la vie nocturne des jeunes gens de la ville de Yaoundé dans Androïd Night ; tandis que Joëlle Esso relate l’enfance et la vie du footballeur Samuel Eto’o.
La neuvième édition du MBOA BD Festival célébrait donc la bande dessinée et son utilisation en tant qu’outil puissant de liaison interculturel. Des expositions de qualité, de grosses pointures de la BD camerounaise et mondiale, des ateliers de formation, des interventions en milieu scolaire, des dédicaces et conférences, le MBOABD a remis pour cette édition, sa programmation de qualité. Une place de choix est réservée aux écoles et instituts de formation en arts plastiques ou graphiques, un autre pan de l’éducation dont la vision d’ensemble permet de maitriser les cursus et garantir aux apprenants une formation de qualité répondant aux défis actuels. Deux villes, 8 jours, 30 auteurs invités, 53 activités, la neuvième édition de MboaBD Festival aura été celle du partage, de l’échange et de la communion.

⦁ C’est quoi le MBOA BD Festival ?

Le Festival International de la bande dessinée du Cameroun est d’abord un lieu de rencontre, rencontre entre les auteurs de BD, les différents acteurs du secteur (éditeurs, imprimeurs, institutions) et le public. Le festival a mis en place au fil des éditions des formations permettant aux dessinateurs de connaître les bases du métier d’auteur, de comprendre les enjeux actuels autour de la bande dessinée, son importance dans le processus d’acquisition des aptitudes de lecture. Le Mboa BD est aussi un lieu de promotion qui donne de la visibilité à la production croissante de bandes dessinées au Cameroun, afin de créer une véritable industrie culturelle où les professionnels se connaissent et travaillent ensemble, pour offrir une BD de qualité à un public à forte demande. Le Mboa BD est une importante plate-forme d’échanges, sur la bande dessinée et les divers métiers autour : graphisme, jeux vidéo, dessin animé, cinéma, édition.
Le festival est organisé par le Collectif A3 et l’association Trait Noir, des collectifs de dessinateurs passionnés qui portent le rêve de faire du Cameroun, une terre de la bande dessinée. La première édition du festival ayant eu lieu en 2010, nous sommes rendus cette année à la 8ème édition d’une manifestation qui pose les jalons d’une réelle industrie créative autour de la bande dessinée et des métiers de l’image.

>La bande dessinée au Cameroun

Pionnier du neuvième art en Afrique, le Cameroun comptait déjà dans les années 70 de nombreuses BD publiées dans les journaux locaux. Le dynamisme du milieu de la presse a longtemps été un catalyseur pour la BD, “les aventures de Sam Monfong”, l’intrépide policier de Thomas Durand Kiti ont fait la fierté de plusieurs générations de lecteurs. Outre les publications locales, les lecteurs ont accès à des publications telles que : Kouakou, Akim, Zembla, Blek le Roc, Rodéo. Ces BD sont très souvent vendues à la “librairie du poteau” où adultes, adolescents et jeune public peuvent échanger les numéros successifs moyennant des modiques sommes. Ce système a continué même pendant la crise économique des années 90, mais peu à peu ces librairies disparaissent, les maisons d’édition peinent à trouver des subventions, les difficultés rencontrées par le livre sont tributaires d’une filière qui commençait à trouver ses marques.
Aujourd’hui avec la plate-forme numérique waandacomics, la disponibilité et la visibilité des productions de BD connait un nouveau jour. Le MboaBD festival a permis l’essor de moult production qui rehausse le taux de réalisation de bande dessinée sur le territoire camerounais. Mais cela n’est pas encore suffisant et chaque année, le festival contribue encore un peu plus à l’avancement du processus

– Les auteurs

Les auteurs de BD au Cameroun sont rarement auteur à temps plein, ils doivent cumulés des emplois en tant qu’enseignant, graphiste, dessinateur de presse pour pouvoir vivre de leur passion.
Le milieu de la BD reste majoritairement masculin, une tendance qui change de plus en plus. Des auteures telles que Joëlle Esso, Elyon’s ou Reine Dibussi font aujourd’hui la fierté du neuvième art au Cameroun, des modèles qui poussent les plus jeunes à se lancer.

Douala et Yaoundé de par leur histoire et situation économique sont les principales villes de résidence des auteurs camerounais. Yaoundé possède la plus forte communauté, ceci s’explique par la création durant la réforme universitaire des années 90 d’une filière « arts plastiques et histoire de l’art » à l’université de Yaoundé. L’Institut de Formation Artistique de Mbalmayo est également un creuset important de dessinateurs, qui majoritairement s’installent à Yaoundé. La création des Instituts des beaux arts de Foumban et Nkongsamba par le gouvernement permet le développement des nouveaux pôles.
Durant les années 80 et 90, de nombreux auteurs pour pouvoir vivre de leur travail ont dû s’exiler. La précarité du métier n’est pas la seule explication, de nombreux journaux de l’époque ont été fermé, des dessinateurs parfois emprisonnés pour leurs prises de position.
Aujourd’hui, l’ouverture à douala de la Libre Académie des Beaux-Arts est une preuve que les métiers de l’art graphique gagnent de plus en plus de terrain.

– La production

Les premières véritables productions de bande dessinée au Cameroun datent de 1970 avec des auteurs tels que Thomas Durand Kiti, son personnage « Sam Monfong » l’intrépide policier est un succès national à l’époque. Le développement de la presse locale favorise l’émergence de nombreux dessinateurs et leur garanti des emplois. La Gazette, Cameroon Tribune et plus tard Le Messager et L’Expression vont offrir aux dessinateurs des tribunes pour développer leurs histoires.

Les décennies 70 et 80 vont servir de laboratoire au milieu, outre les publications dans les journaux, quelques albums sont publiés. L’éditeur CEPER publie plusieurs éditions de « l’histoire des lions des indomptables » de Mbassa Nyam, l’humoriste Dave K. Moktoï sort une version BD de son spectacle à succès « l’homme bien de là-bas ». Du côté du public, la bande dessinée occupe une place de choix dans les habitudes de consommation sans réelle différence entre production locale et internationale. Le magazine « Kouakou » devient une référence pour plusieurs générations, tandis que les « librairies du poteau » distribue aux quatre coins du pays : Zembla, Akim, Blec le roc ou Rodéo. La crise économique de 90, l’arrêt des subventions au livre vont porter un coup dur à une filière en plein développement. Il faudra attendre le début des années 2000 pour revoir des productions sporadiques, notamment portées par des collectifs d’auteurs ayant l’ambition de structurer et professionnaliser leur métier.

La bande dessinée a surtout été utilisée au Cameroun comme outil de sensibilisation pour la lutte contre le SIDA, l’environnement ou le leadership jeune. Quelques maisons d’édition ont fait le pari d’accompagner des auteurs dans un environnement précaire sans subvention ni véritable réseau de distribution. Akoma Mba publie entre 2003 et 2006, cinq bandes dessinées parmi lesquelles : Essingan (magazine), Shégué (Album collectif). Une révolution dans le milieu qui augure de bons lendemains pour les afiocionados. A la même époque, le CASS de Nkolndongo finance la série « Les Cop’s » de Georges Pondy et Ntep Kelly, tandis que ACMS lance la série « Antou » dans le magazine 100% jeunes avec comme dessinateur Almo the best. Pour soutenir le mouvement de la BD, le Centre Culturel Français de Douala a soutenu plusieurs publications de l’association « Traits Noirs », permettant aux auteurs de gagner en visibilité.

– Pourquoi un festival de BD au Cameroun ?

Le Mboa BD Festival a accueilli 202 auteurs depuis sa création, dont 193 nationaux. Une croissance notable de la production depuis 2010, avec un pic de 18 albums (magazines et séries) publiés en 2014. Le festival enregistre un total de visites depuis sa création de 20000 visiteurs. Les éditions 2015 et 2016 et 2017 tenues à Douala et Yaoundé ont connu des flux de 2500 visiteurs en moyenne avec des pics de 800 personnes à la clôture. En 2018, plus de 3000 visiteurs ont été présent au festival dans les deux villes.
Le Mboa BD Festival est devenu est en 9 éditions, le principal évènement autour du 9ème art dans la sous-région Afrique, avec une approche pertinente permettant aux auteurs d’échanger avec les auteurs acteurs de la filière, de s’auto-former et de produire des bandes dessinées de qualité pour un public camerounais mais également international.

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